Mercredi - 28 janvier

On s'est mis d'accord pour partir tôt. Il FAUT être sur la route et partis à 10h00 au plus tard – purée, on est en France et Pascal est français. Il est venu frapper à ma porte à 10h30 pour me dire qu'il serait "bientôt" prêt. En attendant, je fais tomber ma moto simplement en sortant la bestiole du garage. . . Zut de zut. Au moins je sais maintenant que je peux la redresser s'il faut (et oui, j'aurai encore à le faire avant la fin de la journée). Et tenez-vous bien: il commence à neiger. Beaucoup. Et il fait vachement froid.

 

 

 

Nous voilà enfin partis à 11h45 – on met le cap sur Besançon où habite le cousin de Pascal. Notre itinéraire nous amène au nord jusqu'à Limoges et ensuite on prend l'autoroute A20 jusqu'à ce qu'on puisse bifurquer vers l'est sur la N145 et vers Montluçon où on s'arrête pour prendre de l'essence et pour manger.

Cependant, la conduite sur la neige nous pose problème. La N145 est bloquée par un accident quelque part devant nous. Et il fait si, si froid. Des gendarmes sympas nous conseillent de rebrousser chemin à contresens et d'utiliser les routes moins passantes. Ca vire au cauchemar; il va falloir abandonner avant la fin de la première journée.

Enfin bref, avec beaucoup de précaution, nous tournons les motos dans l'autre sens dans la neige. Avec encore plus de précaution, nous remontons la route à deux voies dans le mauvais sens jusqu'à la sortie précédente et ensuite nous suivons quelques petites routes douteuses jusqu'à ce que nous ayons dépassé l'accident. Mauvais. Ensuite, nous avançons convenablement jusqu'à Montluçon où nous déjeunons un peu tard. Pascal m'informe que a) le temps au nord de Limoges a la réputation d'être épouvantable et que b) la N145 (tenez-vous bien) est une route très encombrée, accidentée et, de surcroît, souvent en travaux. J'adore planifier un itinéraire à l'avance avec de tels renseignements donnés à un moment opportun.

Encore dans des conditions désagréables, nous démarrons la deuxième étape: est jusqu'à Montceau-les-Mines où on s'arrêtera pour prendre de l'essence. On n'est pas plus loin que Montmarault, un vrai trou, quand se produit notre première chute à tous les deux à cause de la neige et la pluie verglaçante. Ce n'est pas très rigolo. Cette fois, je n'arrive pas à redresser ma moto tout seul – dans le froid sur la glace avec le réservoir plein et chargée; à bloc. La moto ne fait que glisser. Et de toute façon, j'ai froid et je suis fatigué. Puisque je suis comme je suis, j'attends. Je bloque le chemin pour aller au centre ville. Enfin quelques bonnes βmes arrêtent de klaxonner et descendent de leurs voitures pour m'aider à redresser ma moto. Les rivets pop qui tiennent la serrure sur la sacoche intérieure se sont cassés. C'est tout. Ce n'est rien. Pascal me prête un sandow qu'il a sous la main pour maintenir la sacoche contre la moto et nous voilà repartis.

Maintenant, c'est Pascal qui commence à avoir des problèmes. Plus tard, avec le recul, nous pensons que la chute a remué les saletés du fond de son réservoir ( il a une Bag o'Nails R100GS de 1980 contrairement à moi qui ai une Adventure [toute] neuve). Ses carburateurs n'arrêtent pas de s'étouffer. Je soupçonne que les carburateurs givrent mais qu'est-ce que j'en sais moi, puisque mon idée de faire de la mécanique d'urgence, c'est de hurler dans le combiné d'un téléphone.

A Montceau-les-Mines, j'avais prévu d'aller au supermarché E. LeClerc pour prendre de l'essence et acheter de quoi manger. Mon GPS marche à merveille et nous amène exactement où on veut aller – mais je suis si fatigué et j'ai se froid que je fais peur à une dame quand je grille un feu rouge et je manque de peu de lui rentrer dedans. Heureusement qu'elle ait de meilleures réflexes que moi. Toujours est-il qu'il n'y a pas de mal. Ca me fait du bien de m'envoyer un Red Bull et de m'étirer les jambes pendant que Pascal reprend de l'essence. Je me repose encore plus quand il essaie de redémarrer sa moto. Il ne doit pas regretter d'avoir changé de batterie avant le départ. Mais il est doué et il arrive à la faire démarrer.

Les 150 kilomètres qui restent sont assez cauchemardesques. La nuit tombe et Pascal est contraint de s'arrêter de temps en temps, démonter ses carburateurs et redémarrer sa fidèle moto. On arrive enfin à Besançon à 21h45. Seulement pour trouver qu'il y a de la neige jusqu'à la taille et (surprise – oh! je ne te l'ai pas dit?) que le cousin de Pascal habite en haut d'une fichue montagne. Après une discussion quelque peu animée, je lui permets de m'aider à tirer ma moto qui pèse une tonne (presque) jusqu'à chez eux. Là, je fais le tour du circuit électrique (fusibles qui ont sauté, GPS qui ne fonctionne plus.) Je découvre plus tard que le support Touratech avait été endommagé, que la batterie interne avait été videé (facilement réparée) et que le phare ne marchit plus. J'ai vite fait de trouver ce qui n'allait pas - ma monture semble faire facilement sauter des fusibles. Ensuite, j'ai mis la housse de protection et me voilà parti au chaud pour un bon petit repas et au lit. Gérard, le cousin de Pascal, est marié à une Américaine qui s'appelle Andi et ils sont sympas tous les deux. J'attends avec impatience le moment où ils viendront voir Pascal – quand reprendra le grand débat anglo-américain contre la France quant à la valeur gustative du cheddar. On se couche tard en dépit du fait qu'il faut partir tôt demain (ha, ha!).

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